Que sait-on de la chenille processionnaire ?

La chenille processionnaire crée de réels problèmes, aussi bien pour les humains que pour l’environnement où elle se trouve. Elle évolue depuis les régions chaudes du Sud pour se propager dans toute la France. Comment elle évolue ? Quel est son habitat ? Autant d’informations sur la chenille légionnaire afin de mieux lutter contre son expansion.

Comment reconnaître la chenille processionnaire ?

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La chenille processionnaire, de la famille des lépidoptères, se reconnaît de par sa couleur brun foncée avec une tête noire. Le haut de son corps ainsi que son flan sont marqués par des tâches rougeâtres. Quant à la face ventrale de cette chenille, elle est de couleur jaune. Les processionnaires du pin ont une couleur gris argenté. Son corps est recouvert de poils hautement urticants car c’est une chenille très velue.

Chacun de ces poils, disposés en touffe, a un diamètre de 200 microns. Quant à sa taille, une chenille processionnaire atteignant son dernier stade de développement mesure dans les 25 mm à 40 mm de longueur. À savoir, cette chenille s’est vue attribuer le nom de chenille processionnaire à cause de son mode de déplacement qui est en file indienne.

Les espèces existantes

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En France, il existe deux espèces de chenille processionnaire qui sont identiques du point de vue biologique. Ce qui les distingue l’une de l’autre c’est leur arbre de prédilection.

  • Processionnaire du pin

Comme son nom l’indique, la processionnaire du pin est une espèce qui ravage les pins. En effet, la colonie se nourrit des aiguilles de pins, causant alors un affaiblissement de l’arbre infesté. L’arbre devient alors plus vulnérable à l’attaque d’autres parasites ainsi qu’aux pathologies secondaires. Les espèces de pins les plus touchées par cette chenille sont le pin parasol, le pin d’Alep, le pin maritime, le pin noir d’Autriche, le pin blanc, le pin laricio et le pin sylvestre. Parfois-même, la processionnaire du pin ne se limite pas aux pins mais parasite également les cèdres. Cette espèce y construit aussi des cocons en soie qui lui sert d’habitat.

  • Processionnaire du chêne

Cette seconde espèce attaque surtout les feuillus et a une prédilection pour les chênaies. Elle se distingue de la chenille processionnaire du pin de par sa taille. En effet, elle a une envergure moins importante qui est de 25 mm à 35 mm. Elle possède une tête brun-noir, un corps à flanc brun clair, avec de nombreux poils longs gris argentés et des plaques rouge-brun sur le dessus du corps. Cette espèce ne se répand pas seulement en France mais touche également plusieurs pays de l’Europe centrale et sud (Italie, Espagne, Belgique). Les chênes sont les premières cibles de cette chenille. Une fois installées, elles entraînent alors la défoliation, parfois complète, des arbres.

Les étapes de développement de la chenille processionnaire

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L’insecte adulte qui est à l’origine des chenilles processionnaires est un papillon de 35 à 40 mm d’envergure. Ce papillon possède des antennes pectinées. Ses ailes antérieures sont grises et ses postérieures blanches sont marquées d’une tache sombre à l’extrémité. Ces insectes, mâles et femelles, sortent de la terre vers la mi-juin pendant la nuit. Ils s’accouplent et deux jours après, le mâle meurt. Quant à la femelle, elle pond quelques 70 à 300 œufs dans les branches vers le mois d’Août et meurt à son tour.

30 à 40 jours après la ponte du papillon femelle, les œufs éclosent et donnent naissance aux chenilles. Sur la branche où elles ont été pondues, ces chenilles vont en manger les feuilles et les aiguilles et vont tisser des fils de soie de couleur blanc qui va leur servir d’habitat dès que l’automne arrive. Cela va les protéger durant la période de l’hiver. À savoir, en cours de croissance, la chenille processionnaire développe de plus en plus de poils (pouvant atteindre les 1 millions). Pour se nourrir, ces chenilles ne sortent de leur nid que durant la nuit seulement. C’est durant cette période que les chenilles sont particulièrement ravageuses vis-à-vis des arbres.

Ce n’est qu’au printemps que la colonie va quitter le nid afin de rejoindre le sol. À savoir, cette colonie est guidée par une femelle, et peut compter des centaines d’individus. C’est ce qu’on appelle par procession de nymphose. Pour atteindre le sol, les chenilles processionnaires se suivent à la file indienne et se tiennent les unes aux autres. Après quelques jours de déplacement, ces chenilles choisissent alors un endroit bien ensoleillé pour s’y enfuir sous terre.

Elles restent enfuit sous terre pendant deux semaines. Chaque chenille tisse ensuite son propre cocon, un cocon pour un individu. À ce stade, on les appelle des chrysalides, et ils peuvent rester dans cet état durant des mois, voire même des années, suivant la région où ils se trouvent ainsi que les conditions climatiques. Toujours étant sous terre, les chrysalides se transforment en papillon. Ces derniers ne sortent que vers la moitié du mois de juin pour reprendre le cycle de vie de la chenille processionnaire.

Les dangers causés par la chenille processionnaire sur l’homme et les traitements respectifs

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Les poils de la chenille processionnaire sont très urticants et provoquent des urticaires ou de réactions allergiques. Sur la peau, le contact avec les poils de cette chenille provoque des réactions allergiques telles que des rougeurs, des gonflements, une forte démangeaison et même une douleur intense dans les cas les plus sévères. Ces symptômes apparaissent dans les 8 heures qui suivent le contact.

Ils apparaissent surtout sur les parties non couvertes du corps. Mais les urticaires peuvent aussi toucher d’autres parties du corps vu que les poils sont facilement emportés par la sueur ou les vêtements et se transmettent par les grattements. Comme traitement, la peau touchée devra être lavée avec de l’eau et du savon. Si les poils persistent sur la peau, on se sert alors des bandes collantes, à la manière des épilations à bande, pour les éliminer. Il est aussi possible de prendre des antihistaminiques pour calmer les démangeaisons si elles sont intenses.

Au contact des yeux, ces poils déclenchent une conjonctivite. Dans ce cas, l’on aura les yeux rouges, larmoyants et irrités. Dans certains cas, les poils s’enfoncent dans les tissus oculaires et peuvent entraîner la cécité suite à de graves réactions inflammatoires. Dans ce cas, il faudra faire appel à un ophtalmologue pour un rinçage des yeux. Cette opération peut être douloureuse. Il sera alors nécessaire d’utiliser une solution anesthésique locale.

Dans le cas où une personne ingère des poils de chenille processionnaire, elle aura une inflammation des muqueuses de la bouche et des intestins. Comme symptômes, on peut citer une hyper salivation, des vomissements ainsi que des douleurs abdominales. Afin d’éliminer les poils ingérés, il faut boire un grand verre d’eau chaude.

Les dangers sur les animaux et les plantes

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Les dégâts que causent les chenilles processionnaires sur les arbres sont importants. Elles défolient les arbres jusqu’à les rendre vulnérables aux autres parasites et pathologies. En effet, les chenilles se nourrissent de leur arbre hôte, surtout des jeunes aiguilles et nouvelles pousses. Elles en freinent alors le développement de l’arbre.

Quant aux animaux, les animaux domestiques sont les plus exposés aux attaques de cette chenille. En effet, ils peuvent se contaminer la langue après avoir lécher des poils urticants. Une nécrose de la langue peut alors se développer si des soins ne sont pas apportés rapidement. Comme traitement, une forte dose de cortisone est préconisée.

Qu’est ce qui favorise la dispersion de la chenille processionnaire ?

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Il faut savoir que cet insecte affectionne les zones chaudes. Elle ne résiste pas aux hivers froids (-16°C). C’est pour cela qu’elle est si présente dans les régions du Sud. Cependant, à cause du réchauffement climatique, la chenille processionnaire monte progressivement vers la partie Nord de la France. De plus, l’activité commerciale du bois dont le transport pourrait favoriser sa dispersion.

Avec sa dispersion vers la partie au-dessus de la Loire donc, cette espèce s’attaque aussi à des essences qui n’étaient pas atteintes auparavant, à savoir mélèze, genévrier, épicéa. Ceci est dû à une population de chenilles processionnaires devenue trop importante. Elles s’adaptent également à de nouveaux environnements et conditions de vie si bien qu’on les retrouve à des altitudes de plus en plus élevées. Les zones montagneuses ne sont dès lors plus à l’abri de cette chenille.

Comment lutter contre la chenille processionnaire ?

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À cause de l’envergure que prennent les problèmes liés aux chenilles processionnaires, plusieurs techniques ont été mises en place pour lutter contre ce fléau.

  • La méthode écologique

Cette méthode consiste à mettre en avant les prédateurs naturels de la chenille processionnaire afin de lutter contre son expansion, sans devoir recourir à des moyens chimiques. Les oiseaux, tels que les mésanges et les coucous en sont des prédateurs. De ce fait, l’installation de nichoirs pour ces oiseaux dans les forêts contaminés par les chenilles peut conduire à la maîtrise de l’expansion de cet insecte. Afin de lutter contre la ponte des œufs, une espèce de chauve-souris aide à réduire considérablement le nombre de papillon qui ne sortent que la nuit.

En ce qui concerne les arbres hôtes, la biodiversité des feuillus devra être améliorée afin de limiter la propagation de cet insecte. Si possible, mieux vaut éviter aussi les plantations de pins noirs qui sont les arbres de prédilection de l’espèce.

  • La méthode mécanique

Cette stratégie consiste à éliminer à main l’habitat des chenilles. On coupe alors les branches infectées (par les pontes, les pré-nids ou les nids) que l’on va brûler par la suite. On peut également se servir de chalumeau pour éliminer les nids ou encore se servir d’un échenilloir. Toutefois, mieux vaut faire appel à des professionnels pour procéder à une élimination mécanique pour éviter tout risque. On a recourt à la méthode mécanique en cas d’attaque ponctuelle sur des arbres facilement accessibles.

  • Les traitements phytosanitaires biologiques et chimiques

Afin de venir à bout des chenilles processionnaires, on peut aussi recourir à des insecticides biologiques à forte teneur en de Bacillus thuringiensis. Ce dernier est une bactérie aux propriétés entomopathogènes. L’utilisation de ces traitements biologiques réduit les impacts que pourraient avoir les insecticides chimiques sur l’environnement.

À défaut de traitement biologique, les insecticides de la famille des benzoylurées sont d’autres alternatives. Toutefois, ils ne conviennent qu’aux interventions de faible ampleur ou de rattrapage éventuel, et s’utilisent pendant l’hiver seulement.

  • Le piégeage par confusion sexuelle

Cette méthode consiste à attirer les papillons mâles de la processionnaire en utilisant une phéromone sexuelle de synthèse comme leurre. Cette odeur simule les molécules que les papillons femelles émettent durant les périodes de reproductions. Ces pièges sont à installer sur les pins et vont éviter qu’il n’y ait accouplement entre les deux genres.

  • Les pièges à chenille

Aussi connu sous le nom d’ « écopièges», ils sont destinés à intercepter les chenilles processionnaires lors de leur descente d’un arbre pour rejoindre le sol. Un piège n’est efficace que pour un seul arbre. On n’enlève le piège qu’après un mois de la capture, au moment où les chenilles se sont transformées en chrysalides. Ces derniers seront alors à incinérés pour s’assurer qu’ils ne survivent pas et on évite tout contact avec les poils de la chenille.

Les préventions contre la chenille processionnaire

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Les personnes ayant eu des contacts avec cet insecte présenteront des symptômes plus sévères si elles étaient touchées à nouveau. Il faudra alors faire particulièrement attention et éviter tout nouveau contact. Les poils de cette chenille se dispersent dans l’air et peuvent être emportés par le vent. Le pire, c’est que ces poils peuvent être présents dans un endroit des années après le passage des chenilles.

Dans les zones fortement infectées donc, il ne faut pas étendre le linge à l’extérieur entre les mois de mai et septembre. Les légumes issus du jardin doivent être soigneusement lavés pour éviter toute ingestion de poils de chenille processionnaire. Avant de tondre la pelouse, elle doit être arrosée plusieurs jours avant pour que les poils soient entraînés vers le sol par l’eau.

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