Tout savoir sur le rumex

Les rumex sont bien visibles dans les prairies dès la fin du mois d’avril. Particulièrement envahissante, cette plante sauvage attaque autant le jardin potager ou d’ornement que les bords de routes et les terrains vagues. Zoom sur le rumex pour en venir à bout et le maîtriser.

Qu’est-ce que le rumex ?

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Le rumex est une plante faisant partie des mauvaises herbes et appartenant à la famille des Polygonacées. Il fait partie des vivaces les plus actives de cette catégorie. Cette mauvaise herbe prolifère très rapidement une fois qu’elle affecte un terrain.

En effet, le rumex se reproduit surtout par multiplication végétative de ses organes qui se trouvent en souterrain. De ce fait, il n’a pas forcément besoin de la production de graines, ce qui favorise sa multiplication rapide.

Le rumex se caractérise par son feuillage d’un vert franc ainsi que ses tiges résistantes et dressées verticalement. Également, le rumex dispose de fleurs très rapprochées qui ressortent de cette touffe de feuillage.

Ces fleurs donnent naissance à quelques 50 000 graines par pied de rumex, ce qui explique pourquoi la plante se propage si rapidement. Aussi, cette plante est dotée de racines pivotantes qui s’enfoncent profondément dans le sol. De ce fait, le désherbage de cette plante est alors particulièrement difficile.

Les variétés existantes

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On retrouve plusieurs variétés de rumex dans les prairies, toutes étant aussi envahissantes les unes les autres. Mais les espèces les plus communément rencontrés sont le rumex acetosa, aussi connu sous le nom de l’oseille sauvage, le rumex acetosella ou la petite oseille, le rumex obtusifolius surnommé le rumex crépu et enfin le rumex crispus.

L’oseille sauvage ou rumex acetosa se caractérise par des feuilles lancéolées et embrassantes. Ses feuilles ont une dimension de 10 cm environ. Quant au rumex acetosella ou encore petite oseille, elle dispose de petites feuilles de 3 cm à 4 cm dont la forme rappelle celle de la pointe d’une flèche.

Le rumex obtusifolius se distingue par ses énormes feuilles qui peuvent atteindre une longueur de 15 cm à 30 cm. Ses feuilles ont des bases en cœur et sont très larges. Elle a un penchant pour les sols acides et humides. Finalement, le rumex crispus est doté de feuilles étroites et ridées de 10 à 30 cm environ et dont les bords sont ondulés. Cette variété s’installe plutôt sur les sols secs calcaires parsemés de zones nues.

Le rumex crépu ainsi que le rumex crispus sont les deux variétés qui embêtent le plus les agriculteurs et les jardiniers. En effet, elles sont particulièrement envahissantes avec leurs feuilles de taille énorme.

Quelques facteurs qui favorisent la multiplication du rumex

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Tout d’abord, la morphologie de cette plante favorise sa multiplication. En effet, grâce à ses longues racines pivotantes, le rumex est capable d’aller puiser de l’eau ainsi que les éléments nutritifs dont il a besoin tout en profondeur, là où les autres végétaux de la prairie ne lui font pas concurrence. De plus, ses graines de plusieurs milliers par pied assurent aussi sa propagation.

On remarque aussi que le développement du rumex, surtout des variétés rumex cripsus et rumex obtusifolius, n’est pas sans lien avec la nature du sol où il se trouve. De même, les erreurs de culture favorisent aussi le développement de cet adventice. Un terrain trop entassé est par exemple favorable au rumex. Il en est de même pour un terrain qui a subi un apport de fertilisant riche en potasse et en azote. Toutefois, ce problème peut être réglé ajoutant à la terre du sable et du compost ou de modifier son mode de culture pour éviter d’en avoir trop.

En outre, le surpâturage ainsi que le piétinement excessif sont aussi à l’origine de la multiplication du rumex. En effet, le sol est compacté et la végétation de la prairie y devient peu dense. L’excès de piétinement entraîne alors l’apparition de trous sur le sol nu, d’où le rumex se retrouve tout à son aise car ses graines peuvent ainsi germer en présence de la lumière.

Quelquefois, le matériel agricole utilisé lors des récoltes est propice quant à la dissémination des graines de rumex. Les animaux herbivores tels que les chevaux et les vaches sont aussi des vecteurs des graines de rumex. En effet, si ces animaux ont pâturé sur un terrain infecté, il y a de fortes chances que leurs excréments distribuent les graines de l’adventice dans les champs.

Toxicité de la plante

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Le rumex ne fait pas de misère à l’agriculture uniquement mais peut aussi avoir des conséquences néfastes sur l’élevage. En effet, il a une saveur acide qui est causé par la présence d’acide oxalique (sous forme d’oxalate de potassium). En effet, il contient une quantité importante de cet acide. Or, à quantité importante et à prise régulière, il peut entraîner une intoxication.

En effet, si la dose journalière ingérée par l’animal est de 0,1 à 0,5% son poids, cela peut entraîner des problèmes de santé tels qu’une insuffisance rénale avec hyper salivation et hypocalcémie aiguë. De même, des signes digestifs peuvent aussi survenir, à savoir diarrhée et régurgitations. En tout donc, une ingestion répétée du rumex est à la base de l’intoxication plutôt qu’une consommation unique à grande quantité.

Les animaux les plus touchés sont les lapins, les moutons et les chèvres. Toutefois, il n’est pas rare non plus que cette plante soit ingérée par des chevaux et des vaches. Cependant, le rumex est rarement consommé volontairement chez les équidés. L’ingestion est plutôt involontaire au stade de jeune pousse de l’adventice.

Utilisation du rumex

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Malgré le fait que le rumex est une mauvaise herbe envahissante et qui présente des risques pour l’élevage des mammifères, il a au moins un avantage. Effectivement, il s’avère être efficace pour lutter contre le chardon, une autre bête noire de beaucoup de cultivateurs.

Pour préparer cette décoction au rumex, il nous faut 1 kg de rumex, 5 litres d’eau, un récipient à couvercle bien hermétique, un filtre et un pulvérisateur. Quant à la préparation donc, on réalise une infusion selon les proportions : 1 kg de rumex pour 5 litres d’eau bouillante (soit 200 grammes de rumex pour 1 litre d’eau). Ensuite, on laisse mariner et refroidir l’infusion durant 24 heures. A savoir, durant cette période, il ne faut surtout pas enlever le couvercle du récipient dans lequel on a réalisé l’infusion.

Une fois le délai de marinade passé, on filtre maintenant la décoction. Il ne reste plus qu’à la mettre dans un pulvérisateur sans diluer la solution. On l’applique alors directement sur les chancres. On peut également passer une éponge imbibée de cette solution sur le tronc et les grosses branches.

A savoir, ce traitement agit de deux manières : en tant que traitement et prévention. Les deux s’effectuent durant le printemps, où l’on récolte les feuilles du rumex pour effectuer les traitements au même moment. Comme prévention, on peut pulvériser cette décoction sur les jeunes arbres fruitiers dès que le printemps pointe le bout de son nez.

Comment éliminer le rumex ?

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Vu l’envergure que prend le problème lié au rumex, il existe aussi désormais une multitude de solutions pour faire face à la propagation de cette adventice.

  • L’arrachage

C’est la solution la plus simple et la plus courante pour venir à bout du rumex. Toutefois, c’est une méthode qui requiert à la fois du courage et de la volonté car il faudra éliminer les pieds de rumex un à un. De plus, les racines de cette plante peuvent s’infiltrer jusqu’à 20 cm dans le sol, ce qui rend pénible son arrachage.

Dans le cas général, le meilleur moment pour arracher ces mauvaises herbes est durant le printemps. En effet, à cette période, la plante est encore faible après le passage des gels de l’hiver. Il faut alors effectuer l’opération lorsque le sol est humide dans le cas où il s’agit d’un sol lourd. Mais dans le cas où le sol est léger, on peut arracher les mauvaises herbes indépendamment de l’humidité.

Quant à l’équipement utilisé, il existe des outils spécifiques qui sont destinés pour cette utilisation. On peut par exemple citer le Landi ou encore le Frei ou tout simplement la fourche à rumex.

  • Comment s’y prendre ?

Il faut planter l’outil à 10-15 cm de la plante à un angle de 45° pour attraper aussi les racines latérales. On ameubli ensuite le sol puis il faut faire le levier pour faire sortir le rumex. Il est nécessaire d’arracher la plante bien en profondeur (au minimum à 12 cm mais l’idéal est d’aller jusqu’à 20 cm).

En effet, les arrachages trop superficiels peut provoquer le rebiolage des racines. On enlève la terre qui adhère à la racine. Cette dernière est à remettre dans le trou pour ne pas laisser des trous béants là où l’on a arraché les rumex, tout en prenant soin de tasser le sol avec les pieds. On évacue ensuite la racine. En général, on peut enlever 2 à 3 pieds de rumex par minute et l’efficacité de cette méthode s’élève à 90%.

  • L’eau chaude

Les racines du rumex supportent mal une forte chaleur, d’où le recours à l’utilisation de l’eau chaude. Effectivement, si l’on plonge les racines de cette plante dans de l’eau chaude à 80°C durant une durée de 10 secondes, elles meurent définitivement. Cette méthode gagne de plus en plus de place de par son efficacité. En effet, l’utilisation de l’eau chaude permet d’éliminer le rumex plus rapidement comparé à l’arrachage manuel.

De plus, elle est moins pénible et moins fatigante. Il faut noter que l’eau chaude n’affecte pas la structure de la terre une fois que l’adventice ait été éliminé. On remarque également qu’il y a très peu de levée de jeunes rumex sur les parties déjà traitées, ce qui n’est pas assuré dans le cas de l’arrachage à la main.

Toutefois, cette lutte à l’eau chaude présente aussi quelques désavantages qu’il faut tenir en compte. Tout d’abord, elle est plus onéreuse par rapport à la première solution car elle a des besoins en énergie élevés. Il faut environ 1 litre de diesel pour éliminer 50 pieds de rumex.

Il en est de même pour la consommation en eau qui est d’environ 1,6 litre par plante. A cela s’ajoute aussi le fait que c’est un travail bruyant (bruits de moteurs, nettoyeur haute pression). Il requiert également un véhicule sur la parcelle pour le nettoyeur à haute pression.

Comment s’y prendre pour réaliser une lutte à l’eau chaude ?

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Tout d’abord, il faut noter que la température devra être de 80°C au minimum et pour chaque plante, il faut prévoir un temps de jet d’entre 10 à 15 secondes soit un rendement de 120 à 180 pieds à l’heure. Donc, il faut traiter jusque à ce qu’un trou de 10 cm de profondeur soit établi.

Ainsi, l’eau chaude attaque les racines sur lesquelles s’agglutinent un mélange entre eau chaude et terre. La structure du sol n’est pas atteinte par le passage de l’eau chaude. Toutefois, il faut savoir que la structure n’est reconstituée qu’après un an.

Il est préférable d’effectuer cette lutte lors des périodes sèches pour que l’efficacité de l’eau chaude ne soit pas réduite par l’humidité du sol. Côté rendement, l’on enregistre un taux de réussite à 80%, ce qui est un inférieur à celui de l’arrachage direct. Toutefois, on remarque qu’il y a très peu, si ce n’est pas quasiment pas de levée de jeune pousse de rumex pour l’année qui suit.

  • La lutte biologique

Mise à part la lutte mécanique, on peut aussi s’y prendre autrement pour lutter contre la propagation du rumex. Cependant, jusqu’à présent, il n’y a qu’un seul prédateur connu du rumex, et c’est le « Gastrophysa viridula ». Il est en effet possible de lutter contre le rumex grâce à ce petit insecte dans le cas où l’environnement est suffisamment diversifié. Comme environnement diversifié, on entend la présence d’un champ en jachère à côté du jardin par exemple. Toutefois, il faut aussi noter que l’impact sera peu important sauf dans le cas d’un lâcher massif.

  • La lutte chimique

Bien que la lutte chimique soit légalisée, mieux vaut n’opter pour cette alternative qu’en dernier recours pour éviter les retombées éventuelles d’une telle méthode sur l’environnement. Il est possible de gérer la prolifération des rumex en utilisant des herbicides, mais pas n’importe lesquels. De plus, selon la réglementation en vigueur en droit français comme en directive européenne, le rumex ne peut être traité à base de produits chimiques que de manière localisée.

Ceci vise à limiter aux maximums les effets des herbicides sur l’écosystème où l’on récence une infestation au rumex. De même, il faut avoir en sa possession le Certiphyto, ce document qui atteste que l’on possède les connaissances suffisantes pour utiliser des pesticides en toute sécurité et en réduire leur usage.

Quant à la composition chimique des produits utilisés, il faut utiliser des substances à base d’anti-dicotylédones. Toutefois, comme son nom l’indique, ce produit attaque tous les dicotylédones, y compris le trèfle. Une utilisation localisée est alors conseillé et il est fortement déconseillé d’épandre ce produit en surface du champ.

De même, les spécialités à base de fluroxypyr sont aussi très efficaces si elles sont utilisées durant une période bien ciblée de l’évolution de la plante. En effet, au stade dit « cigare », le rumex est particulièrement vulnérable. A ce stade, la dernière feuille est enroulée autour de la hampe florale de la plante, durant la fin du mois d’avril et début du mois de mai. De plus, à ce moment, la sève commence à monter dans la plante ce qui explique sa faiblesse.

Il est également possible d’épandre les herbicides durant l’automne. Bien que le rumex soit plus résistant durant cette saison, l’opération présente l’avantage de prendre moins de risque pour les végétaux que l’on souhaite préserver.

Mais quelle que soit la période choisie pour pulvériser les herbicides, il est préférable d’opérer de bon matin ou le soir quand l’humidité est au maximum. Il faut surtout éviter de le réaliser en pleine chaleur. De même, si le vent souffle à plus de 10 km/h, il faut suspendre toute opération.

Il existe quelques mesures de sécurité à prendre avant et après avoir appliqué un herbicide sur un champ infesté par les rumex. Tout d’abord, lors de l’application il faut bien respecter les dosages prescrits par le fabricant du produit.

En plus, il faut aussi se munir des matériaux de protection nécessaires tels qu’une combinaison, un masque respiratoire et des gants. Il faut également attendre entre 10 à 15 jours avant de laisser le champ libre accès aux animaux. En effet, il faut attendre que les effets de l’herbicide se dissipent pour ne pas intoxiquer les animaux.

Finalement, cette opération est à répéter chaque année car il n’existe aucun produit ou substance qui permette d’éradiquer complètement ces adventices. Mieux vaut donc favoriser une méthode qui réduit progressivement l’apparition du rumex, pour une efficacité sur le long terme. Enfin, le choix de la lutte à appliquer dépend des disponibilités de l’agriculteur lui-même et de ses préférences.

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